Interview : Marie, Responsable de l’école itinérante de Virlanie.

Interview : Marie, Responsable de l’école itinérante de Virlanie.

Virlanie est une ONG française qui œuvre en faveur des enfants des rues et des familles pauvres à Manille, aux Philippines.

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Aujourd’hui, nous sommes avec Marie, responsable de l’école itinérante à Virlanie. Quand Marie se rend dans ces rues pleine de vie, elle est accueillie par les sourires de ces enfants et de ces familles qu’elle accompagne depuis des années. Bien familière de ces lieux, « Ate » (grande-sœur) Marie travaille jour après jour pour apporter du bonheur dans ces quartiers.

Marie a commencé à travailler dans le programme « Éducation dans la Rue » en 1999, puis a créé  l’école itinérante en 2006, un projet visant, entre autres, à préparer les enfants des rues et des bidonvilles  à prendre ou reprendre le chemin de l’école.  La Mobile Unit (MU) possède un minibus qui transporte l’école sur roues : les tentes, le matériel scolaire, la trousse des premiers soins, des bidons d’eau et des marmites de nourriture. Ce “bus-école” part à la rencontre des enfants et des familles dans les quartiers défavorisés de Manille.

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Le bus de la Mobile Unit à Delpan

En quoi consiste votre travail au jour le jour, que fait la Mobile Unit ?

« Nous sommes une équipe composée d’enseignants et de travailleurs sociaux. Nous visons à une meilleure intégration des enfants dans le milieu scolaire ; donc, trois après-midi par semaine, nous organisons des activités pour les enfants ; ils apprennent les rudiments en écriture, lecture et maths mais ont aussi des ateliers sur la santé et l’hygiène, la sécurité, les droits et devoirs des enfants et les valeurs morales. Notre priorité est de les aider à trouver confiance en eux et le plaisir d’apprendre. »

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Le quartier de Delpan à Manille

Quelles sont les difficultés rencontrées par les familles pauvres à Manille ?

« Leur plus grande difficulté est le manque de ressources.  Les familles ont des emplois précaires et leurs revenus sont de loin insuffisants pour subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. Leurs conditions de vie sont déplorables : elles habitent des cabanons faits de planches et de tôles et  construits sous les ponts ou le long de la rivière,  elles n’ont pas toujours accès ni à  l’électricité ni à l’eau courante.  Elles survivent au jour le jour et trop souvent les enfants, nombreux, en subissent les conséquences… »

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Le projet Note Away à la Mobile Unit

Quel est le profil des enfants qui bénéficient de l’aide apportée par la MU, quels sont leurs besoins ?

« Ce sont des enfants âgés de 3 à 14 ans qui habitent avec leur famille dans les bidonvilles, les squats ou directement sur la rue. Leurs familles n’ont pas d’emplois stables ; les enfants souffrent de carences alimentaires et autres infections dues à leur environnement défavorable. Ils sont trop souvent livrés à eux-mêmes et aussi sujets aux violences parentales. Ils ont un retard scolaire important par rapport à leur classe d’âge. Nous avons des enfants de 9 ou 10 ans qui ne sont jamais allés à l’école. Ils ont besoin d’apprendre les bases en lecture et arithmétique mais ils ont surtout besoin d’une structure… de règles de vie en groupe et d’activités qui leur permettent de prendre confiance en eux.

Ces enfants sont débrouillards, curieux, très demandeurs et pleins de vie ! »

Vous avez travaillé avec Brasspackers du réseau Fanfare Sans Frontières en 2015, quel a été l’apport de cette action ?

« Nous avons été enchantés de participer et faire profiter nos enfants du projet de Brasspackers. Des ateliers d’éveil au rythme et à la musique, un beau projet, vraiment ! Je pense que les enfants ont surtout appris à gérer leur hyperactivité et leurs émotions… ils ont appris à écouter les autres et à rentrer dans une discipline de groupe. Ils ont compris que leur présence était indispensable et qu’ils avaient leur propre rôle à jouer. Et ils étaient surtout enchantés du résultat de leur travail en ateliers et tellement fiers de monter « sur scène » pour leur petit spectacle. Et rien de tel que les applaudissements de leurs familles et amis le jour du spectacle pour que les enfants, inconsciemment, reprennent confiance en eux ! »

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Et sur le long terme, que retiennent les enfants ?

« Nombreux étaient nos bénéficiaires qui n’avaient jamais eu d’éveil à la musique. C’était donc nouveau pour eux. Ce qu’ils retiennent aujourd’hui, c’est que rien n’est impossible avec un peu de volonté, de discipline de groupe et de respect de l’autre ; c’est qu’ils croient davantage en leurs propres capacités d’apprentissage et qu’ils sont capables de mener un projet jusqu’au bout. »

 

Depuis 2 ans, Virlanie accueille des projets FSF à la Mobile Unit et dans d’autres centres d’accueil de l’agglomération de Manille.

 

 


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