Archive mars, 2011

Parce que finalement ce blog, on le tient pour nos mamans

Dimanche, mars 27th, 2011

Rassure-toi maman, tout va bien, mes copains sont gentils avec moi. Je mange bien tous les jours, je me lave les dents, même si j’ai un petit rhume c’est surtout à cause de la poussière de dehors, pas parce que je me couvre mal. D’ailleurs merci pour la polaire que tu m’as achetée à Noël, c’est pas du luxe ici.

Je me fais plein de copains quand je me ballade avec mes copains d’Octopus avec mon instrument de musique. Du coup, les gens ne me parlent plus de marijuana ou d’opium mais plutôt de musique et c’est un peu plus sympa pour se faire des nouveaux amis. Du coup, on a plein de nouveaux amis et même des musiciens professionnels et même des gens qui font de la fanfare comme moi mais qui n’ont pas un soubassophone aussi gros que celui qu’on a, alors, on gagne. Et aussi, on a plein d’autres amis qu’on ne sait plus trop bien qui c’est tellement qu’on en a, mais que eux savent qui on est. Ya même des amis qui m’ont dit que j’étais « handsome » mais j’ai pas trop bien compris.

Et aussi je parle tout le temps anglais du coup je fais des progrès même si c’est pas de l’anglais d’Angleterre, c’est rigolo quand même de comprendre les accents des Nepali. Et du coup on rigole avec mes copains dès qu’on parle d’un truc marrant en anglais qu’on n’a pas compris.

Demain, on commence les ateliers avec les enfants de l’association et pour le début, on a décidé de faire des jeux musicaux pour faire mieux connaissance avec tout le monde. J’ai un peu peur parce que les enfants des rues c’est moins facile que les enfants de l’école mais j’ai quand même trop envie de faire des choses avec eux.

Voilà maman, tu sais tout maintenant. J’espère que tu vas bien et que papa va bien aussi et que tu racontes tout à pépé et mémé parce qu’ils n’ont pas internet.

Ton fils qui t’aime tant.

Octopus, la fanfare organisationnelle

Dimanche, mars 27th, 2011

Les réunions c’est notre fort.

Prenez 8 personnes avec dans le tas, 5 ingénieurs, 2 animateurs et un artiste et essayer de trouver des compromis pour toutes les décisions à prendre pour chacun pendant déjà 2 mois. Je vous met au défi de ne pas devenir fou.

Et bah nous, on y arrive. Vous le savez déjà c’est laborieux mais c’est possible.

Aujourd’hui on a réussi a définir un planning sur un mois et demi pour caser 8 personnes dans 3 centres différents, au bureau de l’ONG, à la prise de vue vidéo et au montage du reportage. Le tout en respectant les desiderata de chacun en fonction des affinités avec les enfants (plutôt des rues ou plutôt de l’école). Rien n’est facile et a chaque fois c’est un fruit de longues discussions plus ou moins passionnées.

Je ne sais pas combien de temps on tiendra à ce rythme là mais au moins, chacun sais ce qu’il a à faire à Katmandou et tout paraît plus clair aujourd’hui. Savoir si tout se passera comme prévu, ce sera l’objet d’un autre post.

Bises à tout ceux qui pensaient qu’on était en vacances.

La réunion de 5h30

Mardi, mars 22nd, 2011

Nous sortons tout juste d’une réunion de débriefing de l’étape au Cambodge. 5h30 de parlotte à 8 autour d’une table pour faire le point. Une nécessité à ce stade du voyage. Il nous fallait mettre au clair toutes les aventures qu’on venait de vivre ensemble sans vraiment en parler officiellement entre nous sur la vie en groupe au quotidien, sur l’animation et sur la musique.

Ce qui en ressort est extrêmement positif. Nous sommes tous fiers de nous et grandis par cette première étape cambodgienne. Fiers des résultats qu’on a pu obtenir avec les enfants, fiers d’avoir réussi à animer le centre SOK SABAY pendant un mois et demi, fiers d’avoir déjà 36 concerts à notre actif, fiers de ne pas s’être encore entretués et fiers de pouvoir tout se dire après un mois et demi de vie commune.

Évidement le tableau n’est pas tout blanc et nous avons beaucoup appris de nos erreurs. Quelques problèmes organisationnels sur les ateliers musicaux et sur les objectifs qu’on voulait et pouvait atteindre avec les enfants. Quelques soucis de taches ménagères pas idéalement reparties. Quelques manques de communication et quelques problèmes à bien cerner les envies, les compétences et les priorités de chacun d’entre nous. Les mauvaises habitudes qui s’installent et les coups de sang que la promiscuité rend inévitable.

Et bien tous ces problèmes se sont réglés ce soir par la parole et tout le monde a pu s’épancher sur les points forts et les points faibles de chacun. On en ressort grandis et l’avenir s’annonce encore meilleur, de fait. Même si l’organisation sera totalement différente ici à Katmandou, notre expérience à Phnom Penh nous a permis d’éluder beaucoup de points encore flous au début du voyage. Évidement, on fera de nouvelles erreurs mais comme dit le vieil adage : « c’est en sciant que Leonard de Vinci ».

Katmandou, nous voilà, plus forts que jamais.

Katmandou - J1

Lundi, mars 21st, 2011

To be continued…

Ca sent le pipo ton histoire

Samedi, mars 19th, 2011

Petit clip musical.

Extraits de nos concerts au Cambodge!

Phnom Penh : Equinox, Paddy Rice

Kep : Kepsychonaval, Kukuluku

Sihanoukville : Khmernival, Ritchie’s sur l’Otres Beach.

www.myspace.com/octopusbrassband

Comment perdre 4 jours dans l’une des plus grandes capitales d’Asie

Samedi, mars 19th, 2011

La recette:
1-Passez la frontière Cambodge-Thaïlande en bus aux heures de pointe. Durée approximative 18 heures.

2-Attendez que l’averse passe pour rejoindre votre guesthouse. Durée approximative 2 heures.

3-Dormez à 2 dans un lit 1 place. Durée approximative 8 heures.

4-Dormez le lendemain pour rattraper la journée de la veille et la nuit précédente. Le tout sous la pluie. Durée approximative 8 heures.

5-Apprenez au dernier moment que votre avion pour Calcutta aura 10 heures de retard, qu’il vous fera rater votre correspondance pour Katmandou et que la solution la plus simple est de rester 2 jours de plus à Bangkok. Durée approximative 2 jours.

6-faites un concert improvisé dans la rue la plus piétonne et touristique de la ville. Durée approximative 4 heures, boissons comprises.

7-Endormez-vous au son des derniers tubes américains passés à fond toute la nuit. Durée approximative toute la nuit.

8-Endormez-vous pour de vrai vers 6h du matin. Durée approximative 8 heures.

9-Apprenez que l’avion ne partira pas dans 2 jours mais dans trois. Durée approximative 1 jour.

10-Faites un tour dans le plus grand centre commercial de la ville sans trop savoir ce que vous voulez acheter ou pas. Durée approximative 5 heures.

11-Mangez un padthai dans le bouiboui du coin. Durée approximative 3 minutes.

12-Faites un concert improvisé dans une rue avoisinant la rue la plus touristique de la ville et accessoirement faites vous voler votre camera. Durée approximative 4 heures.

13-Retournez au centre commercial pour vous renseigner sur les prix des cameras en Thaïlande (c’est plus ou moins aussi cher qu’en France). Durée approximative 3 heures.

14-Faites un tour au commissariat pour déclarer la perte de la camera et faire marcher l’assurance. Durée approximative 1 heure.

15-Faites un concert trop bien dans un des meilleurs bars musicaux (le saxophone) de Bangkok grâce au pote d’un pote dont le pote a souvent joué là bas. Durée approximative 3 heures.

16-Rentrez très tard à votre guesthouse et dormez. Durée approximative 11 heures (l’alcool de la veille aidant).

17-Passez la journée a attendre que la journée passe, entre visionnage de divx, sieste, internet, mixage des enregistrements, montage des vidéos et lecture. Durée approximative 1 jour.

Voilà c’est prêt. Il ne vous reste plus qua rater votre dernière soirée sous prétexte que l’avion 6h45 et qu’il faut donc vous lever à 3h du matin, les sacs prêts et le sourire aux lèvres pour les enfants Népalais qui nous attendent déjà et qu’on a hâte de rencontrer.

Tentative d’enregistrement

Jeudi, mars 17th, 2011

Tentative avortée. Andy, l’ingé son, malgré toute sa bonne volonté, n’avait pas le matériel adéquat pour enregistrer les 8 instruments. C’était une chouette expérience sans résultat. Un jour, nous prendrons le temps de faire une session d’enregistrement digne de ce nom. D’ici là, on a le temps de travailler les détails de son et de mises en place.

Peut etre 2 jours à Bangkok

Mercredi, mars 16th, 2011

Malédiction. L’avion qui devait nous envoyer a Calcutta direction Katmandou est reporté au soir. Adieu la correspondance, il nous faudra attendre soit a Bangkok soit a Calcutta. L’affaire est en cour.
Reste qu’on a déjà vécu un déluge et un concert dans un bar africain. Tout ça en moins de 12h. Aujourd’hui c’est repos/shopping pour tout le monde. On verra ce que notre agence de voyage nous proposera comme alternative.

Finalement le joug est tombé, nous restons à Bangkok jusqu’à dimanche.

Remarques generales et concerts

Mercredi, mars 16th, 2011

On n’aurait pas pu le prévoir. Le Cambodge est le pays qui bouge en ce moment. Apres 20 ans de guerre atroce suite à la défaite des américains au Vietnam, les cambodgiens ont énormément de choses à rattraper sur ses voisins asiatiques. Du coup, le pays accepte tout (peut être trop) ce qui permet de faire avancer la population. Le tourisme en première ligne, les investisseurs étrangers l’ont bien compris, ce pays a de l’avenir. Rien qu’à voir le nombre d’ONG qui s’occupent de l’éducation des enfants. Tous les expatriés français ou autres qu’on a rencontré s’accordent a le dire: Tout est possible. Hier, je parlais avec un Marseillais au Cambodge depuis 6 ans, il travaille dans une ONG justement et décide de créer un skatepark dans ses locaux, 3 pages de dossier et les investisseurs se bousculent. Le même bonhomme a l’idée un peu folle de louer la gare de Phnom Penh pour y organiser un concert. 500 dollars pour 24h et le concert a eu lieu. Imagineriez vous ca gare Montparnasse?

Du coup, pour nous, c’est trop facile de trouver des concerts dans cette atmosphère en ébullition. Tout est possible.

Bien sur, on reste majoritairement dans un reseau expatriés mais au moins, on peut le faire. On en est deja a notre deuxième belle scène, sans compter les sets dans les divers bars de Phnom Penh, les festivals a Kep et Sihanoukville et les concerts gratuits sur le Riverside du Mekong. Avec toute cette activité, normal qu’on n’ait plus le temps de poster quoi que ce soit sur le blog. Sans compter la quantité industrielle de photos et de films qu’on accumule sans avoir le temps de trier.

Tout va très vite et on n’a même pas le temps d’en profiter. Pauvres de nous.

Édit: je raconterais l’histoire de Sihanoukville plus tard et plus en détail.

La fabuleuse histoire de Sihanoukville

Mardi, mars 15th, 2011

Tout commence au bar l’Equinox a Phnom Penh. Nous allons au concert de At Robiep dans lequel joue Bob Passion. Nom intriguant. On nous avait déjà parlé de lui comme étant le tourneur de Massilia Sound System. Sa musique est assez originale, du punk rock desinterressé et très second degré. On apprend autour d’un verre après le concert qu’il organise un gros carnaval à Sihanoukville du 24 au 26 février. Lui apprend que nous sommes une fanfare et que notre formation est idéale pour ce genre d’événement. Le tour est joué, on arrivera le jeudi 24 midi pour jouer le lendemain pour la parade puis le soir sur la grande scène.

Deux semaines plus tard, nous y voilà. On arrive crevés a Sihanoukville après 5 heures de bus. On arrive l’hôtel affamés pour y rencontrer Bob qui nous explique qu’en fait, il serait mieux qu’on joue sur scène le soir même, vers 19h sur la grande scène. Trop fatigués on ne fait pas la parade l’après midi même.

On rejoint le carnaval vers 18h pour boire des coups et jouons entre un spectacle de clowns et des danseurs pop. Grosse sono. Les cambodgiens, plus habitués au son pop nous boostent le Souba à fond, et dans la précipitation oublient de sonoriser les percussions. Le concert se déroule a merveille pour nous malgré ces détails techniques et le public khmer assez peu réactif. Curieux et abasourdi plutôt. Une fanfare ça n’existe pas au Cambodge.

Fin de soirée, on boit plus que de raison et on se dit à demain matin sur la plage. Un touriste français était venu nous voir exprès, je ne sais plus comment il a entendu parlé de nous mais on a passé le weekend end avec lui, entre autre; il nous conseille la plage Otres Beach, plus calme, à 20 minutes en tuctuc.

Le lendemain matin, direction Otres Beach. Après une 40 minutes de tuctuc sur des chemins pierreux et poussiéreux, on arrive devant une série de bungalows restaurants ou bars. Surprise, il y a plein de touristes. Quand je dus pleins, rien a voir avec Biarritz ou Nice mais on pensait arriver sur une plage vide. En fait non.

On marche sur 1km en longeant tous ces bungalows pour s’isoler un maximum et profiter au mieux de cette plage, effectivement parfaite. En rentrant, on croise les clowns de la veille qui nous conseillent de voir Ritchie, le patron d’un bar sur la plage. L’histoire s’est réglée en 3 minutes chrono. On jouera le soir même chez Ritchie.

Il nous faut retourner au centre ville pour la déambulation, de nouveau 40 minutes de tuctuc dans la poussière sous le soleil pesant, rien comparé à ce qui nous attend. Avec du retard on rejoint le cortège parti juste depuis un quart d’heure. La déambulation dure 1h30 et fini en fanfare face à un parterre d’enfants. Une affaire qui roule. Les khmers sont conquis et les barang (blancs) ont compris le message: on jouera ce soir au Ritchie’s.

Un retour rapide à l’hôtel, une douche et c’est reparti pour Otres Beach. On arrive sur place pour manger dans un premier temps. Il n’y a pas encore grand monde et nous sommes tous fatigués. C’est pas très bien barré cette histoire mais Octopus a plus d’un tour dans son sac et arpente la plage en jouant pour ameuter un maximum de public. Quel plaisir de jouer les pieds dans l’eau de nuit. Retour au Ritchie’s où on enchaine deux sets magistraux à mesure que les gens arrivent pour finir tous saouls face à une quarantaine de personnes survoltés. Les plus courageux d’entre nous se chargent du 3e set. Je dis courageux, il faudrait dire les moins fatigués. La soirée se fini tard et le summum arrive avec le retour en Jeep, conduite par Ritchie lui-même pas très net à cette heure tardive. Comment imaginer rentrer à 8 avec 8 instruments dans une Jeep, de celles qu’on voit dans les films de guerre…

Ritchie est confiant et va bien vite. Il en oublierai presque qu’il a un groupe entier derrière et que la route est très accidentée. On s’est tous accrochés à nos slips (passez moi l’expression) et on est quand même arrivés à bon port, le cheveux au vent et pas mécontents de notre weekend.

Notre périple s’arrête dans le bus pris le lendemain matin direction Phnom Penh. Fin de l’histoire.